La croisée des chemins

Dr Sébastien Labrecque, Dr Yves Hébert, et Dre Marie-Ève Lacasse

Il arrive des moments dans nos vies où on doit faire des choix. Déménager dans un logement plus petit parce que les enfants sont partis, suivre un régime amaigrissant parce qu’on a accumulé trop de kilos autour de la taille, réorienter sa carrière parce qu’on n’est plus heureux dans son emploi, accepter qu’il est temps de prendre sa retraite, la liste pourrait s’étaler sur des pages et des pages.

J’aborde aujourd’hui le sujet du changement parce que je suis rendu, dans ma vie professionnelle, à la croisée des chemins. D’une part, le besoin et le goût de continuer à travailler parce que j’aime mon travail, d’autre part, la nécessité de diminuer mes heures de travail parce que je sens le besoin de faire autre chose, de me valoriser dans d’autres projets, d’explorer d’autres avenues, tout en restant bien ancré dans le domaine qui me passionne depuis toujours, la médecine esthétique.

J’ai toujours été attiré par la formation et l’enseignement et je suis souvent sollicité pour donner des conférences dans des colloques, des congrès, des ateliers tant au niveau national qu’international. J’avoue, d’ailleurs, prendre beaucoup de plaisir à préparer mes dossiers et je suis très à l’aise de m’adresser à un auditoire de médecins qui semble toujours bien réceptif à mes propos. Personne ne s’endort pendant mes conférences!

J’ai donc pris la décision de graduellement réduire mes heures de travail pour faire place à deux jeunes recrues qui se sont jointes à l’équipe de la clinique dans les derniers mois, Dre Marie-Ève Lacasse et Dr Sébastien Labrecque. Tous les deux ont suivi une formation très complète ici à la clinique, sous ma supervision directe, et sont devenus familiers avec toutes les techniques et technologies dont dispose la clinique, tout en partageant l’approche et la vision de la médecine esthétique que souhaitent les patients de la clinique, qui veulent se sentir pris en charge de façon globale et respectueuse de leurs besoins et de leurs moyens, dans une atmosphère conviviale et sereine, sans stress, sans temps d’attente, sans délai d’exécution. Je suis très heureux de constater que le message a passé et que ces jeunes médecins de la relève ont adopté ces principes fondamentaux de l’exercice de la médecine, peu importe le type de pratique choisie, soit de servir une médecine de qualité à la fine pointe de la technologie, adhérer aux critères scientifiques reconnus, respecter le patient dans son individualité et son originalité, et offrir une expérience de traitement globale.

J’envisage mon futur, celui de mes coéquipiers et celui de la clinique avec beaucoup d’optimisme et de sérénité, tout en sachant fort pertinemment que les défis sont énormes, dans un marché devenu très compétitif où souvent on sacrifie le bien-être global à la gratification instantanée. On débarrasse nos patients de leurs rides avec un peu de Botox, mais on ne leur propose pas de saines habitudes de vie ou on ne leur montre pas les étapes de base pour préserver la jeunesse de leur peau. On les soumet à toutes sortes de procédures plus ou moins invasives, mais on ne leur parle pas de ce qu’ils pourraient faire dans la vie quotidienne pour ne pas devoir y recourir. C’est comme le médecin de famille qui prescrit des tonnes de médicaments à un patient diabétique sans faire l’effort de le convaincre de changer ses habitudes alimentaires et de faire plus d’activités physiques.

On cherche tous les solutions de facilité, rapides et sans douleur, mais il faut parfois se regarder avec plus d’introspection et faire face à la réalité qui nous rattrape. À mes patients qui refusent de vieillir, je ne peux que dire que l’âge qu’on subit est celui qu’on veut bien avoir et que d’accepter de vieillir est la première étape dans l’acceptation et la valorisation de soi. Cela n’empêche pas, bien évidemment, de vouloir vieillir en ‘’beauté ’’ et de façon harmonieuse, et il y aura toujours une place pour les procédures médico-esthétiques dans notre vie quotidienne, pourvu qu’elles soient administrées de façon à ne pas tomber dans les stéréotypes et faire de nos patients des caricatures d’eux-mêmes.

Yves Hébert, MD

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